Peut-on identifier le vrai objectif de la BCE ?

Un flash éco de P. Artus : « La réunion du Conseil de la BCE du 21 janvier 2016 confirme nos analyses précédentes :

  • la BCE va mener une politique monétaire de plus en plus expansionniste avec l’objectif affiché de redresser l’inflation de la zone euro ;
  • mais nous savons et nous voyons déjà que le Quantitative Easing et les taux d’intérêt négatifs ont très peu d’effets sur l’inflation de la zone euro: le crédit redémarre peu malgré la baisse des taux d’intérêt, les effets de richesse sont très faibles dans la zone euro, la dépréciation de l’euro n’a que des effets transitoires sur l’inflation, la liquidité est déjà très abondante, l’environnement (prix du pétrole, dégradation des marchés du crédit, faiblesse de l’économie mondiale) est de plus défavorable ;
  • la BCE ne peut pas ignorer ce très faible effet de la politique monétaire expansionniste sur l’inflation ; que recherche-t-elle alors : une stimulation keynésienne par la dépréciation du change ? La mutualisation du risque souverain dans la zone euro ?
  • mais elle prend un risque majeur : l’excès croissant de liquidité conduit à une volatilité forte des prix des actifs (cours boursiers, taux d’intérêt à long terme, spreads de crédit) et cette volatilité forte peut décourager les investissements des entreprises et finalement la politique monétaire très expansionniste peut freiner la croissance au lieu de la soutenir tout en n’ayant pas d’effets sur l’inflation. »
Publicités