Le triangle d’incompatibilité n’est plus une référence utile

Un Flashéco de l’équipe de P. Artus : « On connait le célèbre triangle d’incompatibilité (le Trilemme) : parmi la fixité des taux de change, l’absence de contrôle des capitaux, la possibilité d’avoir une politique monétaire indépendante (c’est-à-dire ayant des objectifs internes, par exemple le contrôle de l’inflation, et pas externes), il n’est possible de réaliser que deux de ces trois objectifs.

Dans le Monde contemporain, aussi bien dans les pays de l’OCDE, que dans les pays émergents, sauf en Chine qui a un choix tout à fait différent, le choix fait a été la flexibilité du taux de change (on a donc renoncé à la fixité, au contrôle des taux de change), l’absence de contrôle des capitaux et l’inflation targeting (objectif interne d’inflation).

Mais ce choix (changes flexibles, libre circulation des capitaux, inflation targeting) est aujourd’hui mis en difficulté. Avec la taille très élevée des flux de capitaux internationaux, la variabilité des taux de change induite est considérable, et insupportable par les économies. Si les flux de capitaux internationaux sont de si grande taille, c’est largement en raison des politiques monétaires ultra-expansionnistes (Quantitative Easing) qui ont conduit à une expansion gigantesque de la liquidité mondiale, qui peut ensuite circuler d’une région à une autre.

Les Banques Centrales ont donc elles-mêmes rendu insupportable le choix fait depuis 30 ans dans le triangle d’incompatibilité en raison de l’instabilité induite des taux de change. »

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